samedi 18 novembre 2017

Alice au pays des merveilles - Chapitre II - La mare aux larmes


« De plus très curieux en plus très curieux ! » s’écria Alice (sa surprise était si grande qu’elle ne pouvait s’exprimer correctement) : « Voilà que je m’allonge comme le plus grand télescope qui fût jamais ! Adieu mes pieds ! » (Elle venait de baisser les yeux, et ses pieds lui semblaient s’éloigner à perte de vue.) « Oh ! mes pauvres petits pieds ! Qui vous mettra vos bas et vos souliers maintenant, mes mignons ? Quant à moi, je ne le pourrai certainement pas ! Je serai bien trop loin pour m’occuper de vous : arrangez-vous du mieux que vous pourrez. – Il faut cependant que je sois bonne pour eux, » pensa Alice, « sans cela ils refuseront peut-être d’aller du côté que je voudrai. Ah ! je sais ce que je ferai : je leur donnerai une belle paire de bottines à Noël. »
Puis elle chercha dans son esprit comment elle s’y prendrait. « Il faudra les envoyer par le messager, » pensa-t-elle ; « quelle étrange chose d’envoyer des présents à ses pieds ! Et l’adresse donc ! C’est cela qui sera drôle.
À Monsieur Lepiédroit d’Alice,
Tapis du foyer,
Près le garde-feu.
(De la part de Mlle Alice.)
Oh ! que d’enfantillages je dis là ! »
Au même instant, sa tête heurta contre le plafond de la salle : c’est qu’elle avait alors un peu plus de neuf pieds de haut. Vite elle saisit la petite clef d’or et courut à la porte du jardin.
Pauvre Alice ! C’est tout ce qu’elle put faire, après s’être étendue de tout son long sur le côté, que de regarder du coin de l’œil dans le jardin. Quant à traverser le passage, il n’y fallait plus songer. Elle s’assit donc, et se remit à pleurer.
« Quelle honte ! » dit Alice. « Une grande fille comme vous » (grande était bien le mot) « pleurer de la sorte ! Allons, finissez, vous dis-je ! » Mais elle continua de pleurer, versant des torrents de larmes, si bien qu’elle se vit à la fin entourée d’une grande mare, profonde d’environ quatre pouces et
s’étendant jusqu’au milieu de la salle.
Quelque temps après, elle entendit un petit bruit de pas dans le lointain ; vite, elle s’essuya les yeux pour voir ce que c’était. C’était le Lapin Blanc, en grande toilette, tenant d’une main une paire de gants paille, et de l’autre un large éventail. Il accourait tout affairé, marmottant entre ses dents :
« Oh ! la Duchesse, la Duchesse ! Elle sera dans une belle colère si je l’ai fait attendre ! »
Alice se trouvait si malheureuse, qu’elle était disposée à demander secours au premier venu ; ainsi, quand le Lapin fut près d’elle, elle lui dit d’une voix humble et timide, « Je vous en prie, Monsieur. » Le Lapin tressaillit d’épouvante, laissa tomber les gants et l’éventail, se mit à courir à toutes jambes et disparut dans les ténèbres.
Alice ramassa les gants et l’éventail, et, comme il faisait très chaud dans cette salle, elle s’éventa tout en se faisant la conversation : « Que tout est étrange, aujourd’hui ! Hier les choses se passaient comme à l’ordinaire.
Peut-être m’a-t-on changée cette nuit ! Voyons, étais-je la même petite fille ce matin en me levant ?
– Je crois bien me rappeler que je me suis trouvée un peu différente.
– Mais si je ne suis pas la même, qui suis-je donc, je vous prie ? Voilà l’embarras. » Elle se mit à passer en revue dans son esprit toutes les petites filles de son âge qu’elle connaissait, pour voir si elle avait été transformée en l’une d’elles.
« Bien sûr, je ne suis pas Ada, » dit-elle. « Elle a de longs cheveux bouclés et les miens ne frisent pas du tout. – Assurément je ne suis pas Mabel, car je sais tout plein de choses et Mabel ne sait presque rien ; et puis, du reste, Mabel, c’est Mabel ; Alice c’est Alice ! – Oh ! mais quelle énigme que cela !
– Voyons si je me souviendrai de tout ce que je savais : quatre fois cinq font douze, quatre fois six font treize, quatre fois sept font – je n’arriverai jamais à vingt de ce train-là. Mais peu importe la table de multiplication. Essayons de la Géographie : Londres est la capitale de Paris, Paris la capitale de Rome, et Rome la capitale de – Mais non, ce n’est pas cela, j’en suis bien sûre ! Je dois être changée en Mabel ! – Je vais tâcher de réciter Maître Corbeau. »
Elle croisa les mains sur ses genoux comme quand elle disait ses leçons, et se mit à répéter la fable, d’une voix rauque et étrange, et les mots ne se présentaient plus comme autrefois :
« Maître Corbeau sur un arbre perché,
Faisait son nid entre des branches ;
Il avait relevé ses manches,
Car il était très affairé.
Maître Renard, par là passant,
Lui dit : "Descendez donc, compère ;
Venez embrasser votre frère. "
Le Corbeau, le reconnaissant,
Lui répondit en son ramage :
"Fromage." »
« Je suis bien sûre que ce n’est pas ça du tout, » s’écria la pauvre Alice, et ses yeux se remplirent de larmes. « Ah ! je le vois bien, je ne suis plus Alice, je suis Mabel, et il me faudra aller vivre dans cette vilaine petite maison, où je n’aurai presque pas de jouets pour m’amuser. – Oh ! que de leçons on
me fera apprendre ! – Oui, certes, j’y suis bien résolue, si je suis Mabel je resterai ici. Ils auront beau passer la tête là-haut et me crier, "Reviens auprès de nous, ma chérie !" Je me contenterai de regarder en l’air et de dire, "Dites-moi d’abord qui je suis, et, s’il me plaît d’être cette personne-là, j’irai vous
trouver ; sinon, je resterai ici jusqu’à ce que je devienne une autre petite fille.
" – Et pourtant, dit Alice en fondant en larmes, je donnerais tout au monde pour les voir montrer la tête là-haut ! Je m’ennuie tant d’être ici toute seule. »
Comme elle disait ces mots, elle fut bien surprise de voir que tout en parlant elle avait mis un des petits gants du Lapin. « Comment ai-je pu mettre ce gant ? » pensa-t-elle. « Je rapetisse donc de nouveau ? » Elle se leva, alla près de la table pour se mesurer, et jugea, autant qu’elle pouvait s’en rendre compte, qu’elle avait environ deux pieds de haut, et continuait de raccourcir rapidement.
Bientôt elle s’aperçut que l’éventail qu’elle avait à la main en était la cause ; vite elle le lâcha, tout juste à temps pour s’empêcher de disparaître tout à fait.
« Je viens de l’échapper belle, » dit Alice, tout émue de ce brusque changement, mais bien aise de voir qu’elle existait encore. « Maintenant, vite au jardin ! » – Elle se hâta de courir vers la petite porte ; mais hélas ! elle s’était refermée et la petite clef d’or se trouvait sur la table de verre, comme tout à l’heure. « Les choses vont de mal en pis, » pensa la pauvre enfant.
« Jamais je ne me suis vue si petite, jamais ! Et c’est vraiment par trop fort ! »
À ces mots son pied glissa, et flac ! La voilà dans l’eau salée jusqu’au menton. Elle se crut d’abord tombée dans la mer. « Dans ce cas je retournerai chez nous en chemin de fer, » se dit-elle. (Alice avait été au bord de la mer une fois en sa vie, et se figurait que sur n’importe quel point des côtes se trouvent un grand nombre de cabines pour les baigneurs, des enfants qui font des trous dans le sable avec des pelles en bois, une longue ligne de maisons garnies, et derrière ces maisons une gare de chemin de fer.) Mais elle comprit bientôt qu’elle était dans une mare formée des larmes qu’elle avait pleurées, quand elle avait neuf pieds de haut.
« Je voudrais bien n’avoir pas tant pleuré, » dit Alice tout en nageant de côté et d’autre pour tâcher de sortir de là. « Je vais en être punie sans doute, en me noyant dans mes propres larmes. C’est cela qui sera drôle ! Du reste, tout est drôle aujourd’hui. »
Au même instant elle entendit patauger dans la mare à quelques pas de là, et elle nagea de ce côté pour voir ce que c’était. Elle pensa d’abord que ce devait être un cheval marin ou hippopotame ; puis elle se rappela combien elle était petite maintenant, et découvrit bientôt que c’était tout simplement
une souris qui, comme elle, avait glissé dans la mare.
« Si j’adressais la parole à cette souris ? Tout est si extraordinaire ici qu’il se pourrait bien qu’elle sût parler : dans tous les cas, il n’y a pas de mal à essayer. » Elle commença donc : « Ô Souris, savez-vous comment on pourrait sortir de cette mare ? Je suis bien fatiguée de nager, ô Souris ! » (Alice pensait que c’était là la bonne manière d’interpeller une souris. Pareille chose ne lui était jamais arrivée, mais elle se souvenait d’avoir vu dans la grammaire latine de son frère : – « La souris, de la souris, à la souris, ô souris. ») La Souris la regarda d’un air inquisiteur ; Alice crut même la voir cligner un de ses petits yeux, mais elle ne dit mot.
« Peut-être ne comprend-elle pas cette langue, » dit Alice ; « c’est sans doute une souris étrangère nouvellement débarquée. Je vais essayer de lui parler italien : "Dove è il mio gatto ?" » C’étaient là les premiers mots de son livre de dialogues. La Souris fit un bond hors de l’eau, et parut trembler de tous ses membres. « Oh ! mille pardons ! » s’écria vivement Alice, qui craignait d’avoir fait de la peine au pauvre animal. « J’oubliais que vous n’aimez pas les chats. »
« Aimer les chats ! » cria la Souris d’une voix perçante et colère. « Et vous, les aimeriez-vous si vous étiez à ma place ? »
« Non, sans doute, » dit Alice d’une voix caressante, pour l’apaiser. « Ne vous fâchez pas. Pourtant je voudrais bien vous montrer Dinah, notre chatte.
Oh ! si vous la voyiez, je suis sûre que vous prendriez de l’affection pour les chats. Dinah est si douce et si gentille. » Tout en nageant nonchalamment dans la mare et parlant moitié à part soi, moitié à la Souris, Alice continua :
« Elle se tient si gentiment auprès du feu à faire son rouet, à se lécher les pattes, et à se débarbouiller ; son poil est si doux à caresser ; et comme elle attrape bien les souris ! – Oh ! pardon ! » dit encore Alice, car cette fois le poil de la Souris s’était tout hérissé, et on voyait bien qu’elle était fâchée tout de bon. « Nous n’en parlerons plus si cela vous fait de la peine. »
« Nous ! dites-vous, » s’écria la Souris, en tremblant de la tête à la queue.
« Comme si moi je parlais jamais de pareilles choses ! Dans notre famille on a toujours détesté les chats, viles créatures sans foi ni loi. Que je ne vous en entende plus parler ! »
« Eh bien non, » dit Alice, qui avait hâte de changer la conversation.
« Est-ce que – est-ce que vous aimez les chiens ? » La Souris ne répondit pas, et Alice dit vivement : « Il y a tout près de chez nous un petit chien bien mignon que je voudrais vous montrer ! C’est un petit terrier aux yeux vifs, avec de longs poils bruns frisés ! Il rapporte très bien ; il se tient sur ses deux pattes de derrière, et fait le beau pour avoir à manger. Enfin il fait tant de tours que j’en oublie plus de la moitié ! Il appartient à un fermier qui ne le donnerait pas pour mille francs, tant il lui est utile ; il tue tous les rats et aussi – Oh ! » reprit Alice d’un ton chagrin, « voilà que je vous ai encore
offensée ! » En effet, la Souris s’éloignait en nageant de toutes ses forces, si bien que l’eau de la mare en était tout agitée.
Alice la rappela doucement : « Ma petite Souris ! Revenez, je vous en prie, nous ne parlerons plus ni de chien ni de chat, puisque vous ne les aimez pas ! »
À ces mots la Souris fit volte-face, et se rapprocha tout doucement ; elle était toute pâle (de colère, pensait Alice). La Souris dit d’une voix basse et tremblante : « Gagnons la rive, je vous conterai mon histoire, et vous verrez pourquoi je hais les chats et les chiens. »
Il était grand temps de s’en aller, car la mare se couvrait d’oiseaux et de toutes sortes d’animaux qui y étaient tombés. Il y avait un canard, un dodo, un lory, un aiglon, et d’autres bêtes extraordinaires. Alice prit les devants, et toute la troupe nagea vers la rive.

vendredi 17 novembre 2017

Alice au pays des merveilles - Chapitre premier - Au fond du terrier


Alice, assise auprès de sa sœur sur le gazon, commençait à s’ennuyer de rester là à ne rien faire ; une ou deux fois elle avait jeté les yeux sur le livre que lisait sa sœur ; mais quoi ! pas d’images, pas de dialogues ! « La belle avance, » pensait Alice, « qu’un livre sans images, sans causeries ! »
Elle s’était mise à réfléchir, (tant bien que mal, car la chaleur du jour l’endormait et la rendait lourde,) se demandant si le plaisir de faire une couronne de marguerites valait bien la peine de se lever et de cueillir les fleurs, quand tout à coup un lapin blanc aux yeux roses passa près d’elle.
Il n’y avait rien là de bien étonnant, et Alice ne trouva même pas très extraordinaire d’entendre parler le Lapin qui se disait : « Ah ! j’arriverai trop tard ! » (En y songeant après, il lui sembla bien qu’elle aurait dû s’en étonner, mais sur le moment cela lui avait paru tout naturel.) Cependant, quand le
Lapin vint à tirer une montre de son gousset, la regarda, puis se prit à courir de plus belle, Alice sauta sur ses pieds, frappée de cette idée que jamais elle n’avait vu de lapin avec un gousset et une montre. Entraînée par la curiosité elle s’élança sur ses traces à travers le champ, et arriva tout juste à temps
pour le voir disparaître dans un large trou au pied d’une haie.
Un instant après, Alice était à la poursuite du Lapin dans le terrier, sans songer comment elle en sortirait.
Pendant un bout de chemin le trou allait tout droit comme un tunnel, puis tout à coup il plongeait perpendiculairement d’une façon si brusque qu’Alice se sentit tomber comme dans un puits d’une grande profondeur, avant même d’avoir pensé à se retenir.
De deux choses l’une, ou le puits était vraiment bien profond, ou elle tombait bien doucement ; car elle eut tout le loisir, dans sa chute, de regarder autour d’elle et de se demander avec étonnement ce qu’elle allait devenir.
D’abord elle regarda dans le fond du trou pour savoir où elle allait ; mais il y faisait bien trop sombre pour y rien voir. Ensuite elle porta les yeux sur les parois du puits, et s’aperçut qu’elles étaient garnies d’armoires et d’étagères ; çà et là, elle vit pendues à des clous des cartes géographiques et des images.
En passant elle prit sur un rayon un pot de confiture portant cette étiquette, « MARMELADE D’ORANGES. » Mais, à son grand regret, le pot était vide : elle n’osait le laisser tomber dans la crainte de tuer quelqu’un ; aussi s’arrangea-t-elle de manière à le déposer en passant dans une des armoires.
« Certes, » dit Alice, « après une chute pareille je ne me moquerai pas mal de dégringoler l’escalier ! Comme ils vont me trouver brave chez nous ! Je tomberais du haut des toits que je ne ferais pas entendre une plainte. » (Ce qui était bien probable.)
Tombe, tombe, tombe ! « Cette chute n’en finira donc pas ! Je suis curieuse de savoir combien de milles j’ai déjà faits, » dit-elle tout haut. « Je dois être bien près du centre de la terre. Voyons donc, cela serait à quatre mille milles de profondeur, il me semble. » (Comme vous voyez, Alice
avait appris pas mal de choses dans ses leçons ; et bien que ce ne fût pas là une très bonne occasion de faire parade de son savoir, vu qu’il n’y avait point d’auditeur, cependant c’était un bon exercice que de répéter sa leçon.)
« Oui, c’est bien à peu près cela ; mais alors à quel degré de latitude ou de longitude est-ce que je me trouve ? » (Alice n’avait pas la moindre idée de ce que voulait dire latitude ou longitude, mais ces grands mots lui paraissaient beaux et sonores.)
Bientôt elle reprit : « Si j’allais traverser complètement la terre ? Comme ça serait drôle de se trouver au milieu de gens qui marchent la tête en bas.
Aux Antipathies, je crois. » (Elle n’était pas fâchée cette fois qu’il n’y eût personne là pour l’entendre, car ce mot ne lui faisait pas l’effet d’être bien juste.) « Eh mais, j’aurai à leur demander le nom du pays. – Pardon, Madame, est-ce ici la Nouvelle-Zélande ou l’Australie ? » – En même temps elle essaya de faire la révérence. (Quelle idée ! Faire la révérence en l’air ! Dites-moi un peu, comment vous y prendriez-vous ?) « "Quelle petite ignorante !" pensera la dame quand je lui ferai cette question. Non, il ne faut pas demander cela ; peut-être le verrai-je écrit quelque part. »
Tombe, tombe, tombe ! – Donc Alice, faute d’avoir rien de mieux à faire, se remit à se parler : « Dinah remarquera mon absence ce soir, bien sûr. » (Dinah c’était son chat.) « Pourvu qu’on n’oublie pas de lui donner sa jatte de lait à l’heure du thé. Dinah, ma minette, que n’es-tu ici avec moi ? Il n’y a pas de souris dans les airs, j’en ai bien peur ; mais tu pourrais attraper une chauve-souris, et cela ressemble beaucoup à une souris, tu sais.
Mais les chats mangent-ils les chauves-souris ? » Ici le sommeil commença à gagner Alice. Elle répétait, à moitié endormie : « Les chats mangent-ils les chauves-souris ? Les chats mangent-ils les chauves-souris ? » Et quelquefois : « Les chauves-souris mangent-elles les chats ? » Car vous
comprenez bien que, puisqu’elle ne pouvait répondre ni à l’une ni à l’autre de ces questions, peu importait la manière de les poser. Elle s’assoupissait et commençait à rêver qu’elle se promenait tenant Dinah par la main, lui disant très sérieusement : « Voyons, Dinah, dis-moi la vérité, as-tu jamais mangé des chauves-souris ? » Quand tout à coup, pouf ! la voilà étendue sur un tas de fagots et de feuilles sèches, – et elle a fini de tomber.
Alice ne s’était pas fait le moindre mal. Vite elle se remet sur ses pieds et regarde en l’air ; mais tout est noir là-haut. Elle voit devant elle un long passage et le Lapin Blanc qui court à toutes jambes. Il n’y a pas un instant à perdre ; Alice part comme le vent et arrive tout juste à temps pour entendre le
Lapin dire, tandis qu’il tourne le coin : « Par ma moustache et mes oreilles, comme il se fait tard ! » Elle n’en était plus qu’à deux pas : mais le coin tourné, le Lapin avait disparu. Elle se trouva alors dans une salle longue et basse, éclairée par une rangée de lampes pendues au plafond.
Il y avait des portes tout autour de la salle : ces portes étaient toutes fermées, et, après avoir vainement tenté d’ouvrir celles du côté droit, puis celles du côté gauche, Alice se promena tristement au beau milieu de cette salle, se demandant comment elle en sortirait.
Tout à coup elle rencontra sur son passage une petite table à trois pieds, en verre massif, et rien dessus qu’une toute petite clef d’or. Alice pensa aussitôt que ce pouvait être celle d’une des portes ; mais hélas ! soit que les serrures fussent trop grandes, soit que la clef fût trop petite, elle ne put
toujours en ouvrir aucune. Cependant, ayant fait un second tour, elle aperçut un rideau placé très bas et qu’elle n’avait pas vu d’abord ; par derrière se trouvait encore une petite porte à peu près quinze pouces de haut ; elle essaya la petite clef d’or à la serrure, et, à sa grande joie, il se trouva qu’elle y allait à merveille. Alice ouvrit la porte, et vit qu’elle conduisait dans un étroit passage à peine plus large qu’un trou à rat. Elle s’agenouilla, et, jetant les yeux le long du passage, découvrit le plus ravissant jardin du monde. Oh ! Qu’il lui tardait de sortir de cette salle ténébreuse et d’errer au milieu de ces carrés de fleurs brillantes, de ces fraîches fontaines ! Mais sa tête ne pouvait même pas passer par la porte. « Et quand même ma tête y passerait, » pensait Alice, « à quoi cela servirait-il sans mes épaules ? Oh ! que je voudrais donc avoir la faculté de me fermer comme un télescope ! Ça se pourrait peut-être, si je savais comment m’y prendre. » Il lui était déjà arrivé tant de choses extraordinaires, qu’Alice commençait à croire qu’il n’y en avait guère d’impossibles.
Comme cela n’avançait à rien de passer son temps à attendre à la petite porte, elle retourna vers la table, espérant presque y trouver une autre clef, ou tout au moins quelque grimoire donnant les règles à suivre pour se fermer comme un télescope. Cette fois elle trouva sur la table une petite bouteille (qui certes n’était pas là tout à l’heure). Au cou de cette petite bouteille était attachée une étiquette en papier, avec ces mots « BUVEZ-MOI» admirablement imprimés en grosses lettres.
C’est bien facile à dire « Buvez-moi, » mais Alice était trop fine pour obéir à l’aveuglette. « Examinons d’abord, » dit-elle, « et voyons s’il y a écrit dessus Poison ou non. » Car elle avait lu dans de jolis petits contes, que des enfants avaient été brûlés, dévorés par des bêtes féroces, et qu’il
leur était arrivé d’autres choses très désagréables, tout cela pour ne s’être pas souvenus des instructions bien simples que leur donnaient leurs parents : par exemple, que le tisonnier chauffé à blanc brûle les mains qui le tiennent trop longtemps ; que si on se fait au doigt une coupure profonde, il saigne d’ordinaire ; et elle n’avait point oublié que si l’on boit immodérément d’une bouteille marquée « Poison » cela ne manque pas de brouiller le cœur tôt ou tard.
Cependant, comme cette bouteille n’était pas marquée « Poison » Alice se hasarda à en goûter le contenu, et le trouvant fort bon, (au fait c’était comme un mélange de tarte aux cerises, de crème, d’ananas, de dinde truffée, de nougat, et de rôties au beurre) elle eut bientôt tout avalé.
« Je me sens toute drôle, » dit Alice, « on dirait que je rentre en moi-même et que je me ferme comme un télescope. » C’est bien ce qui arrivait en effet. Elle n’avait plus que dix pouces de haut, et un éclair de joie passa sur son visage à la pensée qu’elle était maintenant de la grandeur voulue pour pénétrer par la petite porte dans ce beau jardin. Elle attendit pourtant quelques minutes, pour voir si elle allait rapetisser encore. Cela lui faisait bien un peu peur. « Songez donc, » se disait Alice, « je pourrais bien finir par m’éteindre comme une chandelle. Que deviendrais-je alors ? » Et elle cherchait à s’imaginer l’air que pouvait avoir la flamme d’une chandelle éteinte, car elle ne se rappelait pas avoir jamais rien vu de la sorte.
Un moment après, voyant qu’il ne se passait plus rien, elle se décida à aller de suite au jardin ; mais hélas, pauvre Alice ! en arrivant à la porte, elle s’aperçut qu’elle avait oublié la petite clef d’or. Elle revint sur ses pas pour la prendre sur la table. Bah ! impossible d’atteindre à la clef qu’elle voyait bien clairement à travers le verre. Elle fit alors tout son possible pour grimper le long d’un des pieds de la table, mais il était trop glissant ; et enfin, épuisée de fatigue, la pauvre enfant s’assit et pleura.
« Allons, à quoi bon pleurer ainsi, » se dit Alice vivement. « Je vous conseille, Mademoiselle, de cesser tout de suite ! » Elle avait pour habitude de se donner de très bons conseils (bien qu’elle les suivit rarement), et quelquefois elle se grondait si fort que les larmes lui en venaient aux yeux ;
une fois même elle s’était donné des tapes pour avoir triché dans une partie de croquet qu’elle jouait toute seule ; car cette étrange enfant aimait beaucoup à faire deux personnages. « Mais, » pensa la pauvre Alice, « il n’y a plus moyen de faire deux personnages ; à présent qu’il me reste à peine
de quoi en faire un. »
Elle aperçut alors une petite boîte en verre qui était sous la table, l’ouvrit et y trouva un tout petit gâteau sur lequel les mots « MANGEZ-MOI » étaient admirablement tracés avec des raisins de Corinthe. « Tiens, je vais le manger, » dit Alice : « si cela me fait grandir, je pourrai atteindre à la clef ; si cela me fait rapetisser, je pourrai ramper sous la porte ; d’une façon ou de l’autre, je pénétrerai dans le jardin, et alors, arrive que pourra ! »
Elle mangea donc un petit morceau du gâteau, et, portant sa main sur sa tête, elle se dit tout inquiète : « Lequel est-ce ? Lequel est-ce ? » Elle voulait savoir si elle grandissait ou rapetissait, et fut tout étonnée de rester la même ; franchement, c’est ce qui arrive le plus souvent lorsqu’on mange du
gâteau ; mais Alice avait tellement pris l’habitude de s’attendre à des choses  extraordinaires, que cela lui paraissait ennuyeux et stupide de vivre comme tout le monde.
Aussi elle se remit à l’œuvre, et eut bien vite fait disparaître le gâteau.

jeudi 16 novembre 2017

Alice au pays des merveilles - poème du début



Notre barque glisse sur l’onde
Que dorent de brûlants rayons ;
Sa marche lente et vagabonde
Témoigne que des bras mignons,
Pleins d’ardeur, mais encore novices,
Tout fiers de ce nouveau travail,
Mènent au gré de leurs caprices
Les rames et le gouvernail.
Soudain trois cris se font entendre,
Cris funestes à la langueur
Dont je ne pouvais me défendre
Par ce temps chaud, qui rend rêveur.
« Un conte ! Un conte ! » disent-elles
Toutes d’une commune voix.
Il fallait céder aux cruelles ;
Que pouvais-je, hélas ! contre trois
La première, d’un ton suprême,
Donne l’ordre de commencer.
La seconde, la douceur même,
Se contente de demander
Des choses à ne pas y croire.
Nous ne fûmes interrompus
Par la troisième, c’est notoire,
Qu’une fois par minute, au plus.
Puis, muettes, prêtant l’oreille
Au conte de l’enfant rêveur,
Qui va de merveille en merveille
Causant avec l’oiseau causeur ;
Leur esprit suit la fantaisie
Où se laisse aller le conteur,
Et la vérité tôt oublie
Pour se confier à l’erreur.
Le conteur (espoir chimérique !)
Cherche, se sentant épuisé,
À briser le pouvoir magique
Du charme qu’il a composé,
Et « Tantôt » voudrait de ce rêve
Finir le récit commencé :
« Non, non, c’est tantôt ! pas de trêve ! »
Est le jugement prononcé.
Ainsi du pays des merveilles
Se racontèrent lentement
Les aventures sans pareilles,
Incident après incident.
Alors vers le prochain rivage
Où nous devions tous débarquer
Rama le joyeux équipage ;
La nuit commençait à tomber.
Douce Alice, acceptez l’offrande
De ces gais récits enfantins,
Et tressez-en une guirlande,
Comme on voit faire aux pèlerins
De ces fleurs qu’ils ont recueillies,
Et que plus tard, dans l’avenir,
Bien qu’elles soient, hélas ! flétries,
Ils chérissent en souvenir.

mercredi 15 novembre 2017

Concert @ D'Ieteren Gallery - Vendredi 15 décembre 2017 - 20h - Tandem 66



Vendredi 15 décembre 2017 – 20h00, à la D’Ieteren Gallery - « Tandem 66 »
Xavier Locus (piano) et Julien Elleouet (clarinette) en concert assorti d'une projection durant lequel les musiciens retraceront - en musique et en images - leur traversée des Etats-Unis à vélo, de New York à San Francisco, lors de l’été 2014

Xavier Locus (piano) et Julien Elleouet (clarinette) – sont tous deux issus du Conservatoire Royal de Bruxelles – passionnés de musique et de… vélo.
Au retour de leur périple, les deux amis ont monté un spectacle avec les plus belles images qu’ils ont récolté sur leur chemin. Se synchronisant musicalement sur la projection de leurs propres vidéos, leur spectacle est une performance technique, truffée d’anecdotes surprenantes et de paysages magnifiques, mais aussi un vrai voyage poétique et enchanteur. Une aventure en soi!

Programme :
Xavier et Julien interprètent un programme “very US”, de l’incontournable Rhapsody in Blue (Gershwin) aux airs enjoués de West Side Story (Bernstein) sans oublier John Williams, Samuel Barber, John Cage, et quelques belles découvertes.
Avec une grande aisance scénique teintée d’humour, le duo cherche à briser les barrières avec le public et à bousculer les conventions des concerts classiques habituels. La variété et le dynamisme du répertoire américain, l’originalité du projet ainsi que la personnalité atypique des deux musiciens procurent au spectateur une belle dose de bonne humeur!



Infos pratiques :
Lieu : D’Ieteren Gallery – rue du Mail 50 à 1050 Ixelles (Bruxelles) (au-dessus du showroom de VW).
Infos et réservations : 02/772.34.26 – patriciaraes@scarlet.be
Site web : http://www.classicclassics.sitew.be/#Programmation.A

Prix d’entrée : 18€/adulte – 12€/moins de 18 ans (incluant le verre de l’amitié à l’issue des concerts)
A verser au compte Belfius de l'ASBL L'Orangerie : 068-2232420-89 ou IBAN BE45 0682 2324 2089

Pour ceux qui souhaitent dîner avant ou après le concert : le restaurant Le Fruit Défendu (rue Tenbosch 108 - http://sites.resto.com/lefruitdefendu/) vous offrira l'apéritif maison si vous mentionnez que vous venez au concert ce soir-là. Afin qu'ils gardent la cuisine ouverte, mieux vaut réserver (02/347.42.47). Vous pourrez laisser votre voiture sur le parking de la société durant le temps de votre repas.

mardi 14 novembre 2017

L'Académie française fait le ménage


Dans sa 9ème édition du dictionnaire, l'Académie française a supprimé des dizaines de mots. Si un grand nombre de ces derniers me sont inconnus, il en est qui ont une place dans mon vocabulaire et j'ai bien de la peine à comprendre pourquoi ils sont écartés.

A

abuseur. n. m. Celui qui abuse. Un grand abuseur. Il est familier et peu usité. (XIVe s. ; Acad. 4e)
académiste. n. m. Anciennement, Membre de l’Académie française. (XVIIe s., d’abord au sens de « membre de l’Académie française » (correspondance de Chapelain, 1634) ; Les Académistes, comédie de Saint-Evremond ; supplanté dès 1635 par académicien ; puis au sens de « élève d’une académie », enregistré par Acad. 1ère : « Qui apprend à monter à cheval et autres exercices dans une académie ».)
accortise. n. f. Humeur accorte. Il a vieilli. (XVIe s. ; Acad. 1ère)
acenser. v. tr. Donner à ferme. Il est vieux. (XIIIe s. ; Acad. 1ère)
acerbité. n. f. Qualité de ce qui est acerbe. Ce fruit est d’une acerbité insupportable. Il est peu usité. (XIVe s. ; Acad. 5e)
acidule. adj. des deux genres. Qui est légèrement acide. Eaux minérales acidules. Liqueur acidule. (XVIIIe s. ; Acad. 4e)
affinerie. n. f. Lieu où l’on affine. Porter l’or ou l’argent à l’affinerie. (XVIe s. ; Acad. 4e)
aliénisme. n. m. Science qui étudie l’aliénation mentale. (XIXe s. ; seulement dans Acad. 8e)
amatelotage. n. m. T. de Marine. Action d’amateloter. Il a vieilli. (XIXe s. ; Acad. 6e)
amusoire. . f. Moyen d’amuser, de distraire. Cela n’est pas sérieux, ce n’est qu’une amusoire. Il est familier et très peu usité. (XVIe s. ; Acad. 2 e)
anastatique. adj. des deux genres. Qui reproduit les textes et les dessins imprimés, en parlant d’un procédé chimique. (XIXe s. ; Acad. 8e)
anguillade (XVIe s. ; Acad. 1ère)
antanaclase. n. f. T. de Rhétorique. Répétition d’un même mot pris dans un sens différent. (XVIIIe s. ; Acad. 4e)
apercevance. n. f. Faculté d’apercevoir. Apercevance fine, prompte. Il est peu usité. (XIIe s. ; encore bien attesté XVIe s. ; repris Acad. 5e --> peu usité dès 6e.)
archidiaconat. n. m. Dignité d’archidiacre. (XVIe s. ; Acad. 1ère)
architriclin. n. m. T. d’Antiquité romaine. Celui qui était chargé de l’ordonnance du festin. (XIIe s., puis XVe s. ; Acad. 4e)
arrêtiste. n. m. Compilateur ou commentateur d’arrêts des Cours souveraines, etc. (XVIIIe s. ; Acad. 4e ; attesté dans la plupart des dictionnaires généraux du XIXe et du XXe s.)
assoter. v. tr. Rendre sot. Vos discours finiront par m’assoter. Il se dit parfois pour Rendre sottement amoureux. Il s’est assoté d’une femme qui le ruinera. Dans les deux acceptions il est familier et vieux.(XIIIe s. ; déjà vieilli au XVIIe s. : au participe passé dans Acad. 1ère, le verbe étant réputé sorti de l’usage.)
atonique. adj. des deux genres. T. de Médecine. Qui a rapport à l’atonie. (XVIe s. ; Acad. 6e)
attiseur. n. m. Celui qui attise, qui aime à attiser. Il est peu usité. (XIIIe s. ; Acad. 5e ; attesté dans la plupart des dictionnaires généraux du XIXe s.)
avénage. n. m. Redevance en avoine. L’avénage de cette terre rendait plus de six cents livres. Il a vieilli. (XIIIe s. ; Acad. 5e)
avertin. . m. T. d’ancienne Médecine. Maladie d’esprit qui rend opiniâtre, emporté, furieux. Il se disait, par extension, de Ceux qui étaient tourmentés de cette maladie. Le peuple appelait saint Mathurin le patron des avertins.Il se dit aujourd’hui de la Maladie des moutons que l’on nomme ordinairement TOURNIS. (XIIIe s. ; Acad. 5e + principaux dictionnaires généraux xixe et xxe s.)


B

babillement. n. m. Action de babiller. (XVIe s. ; Acad. 6e ; surtout utilisé en médecine, selon la plupart des dictionnaires généraux du xixe s.)
bagues. n. f. pl. Bagages. Il ne s’emploie que dans cette phrase : Sortir vie et bagues sauves, Sortir d’une place de guerre avec permission d’emporter sur soi tout ce qu’on peut. Il a vieilli. Fig. et fam., Sortir, revenir bagues sauves, Sortir heureusement d’un danger. (XVe s. ; Acad. 6e)
baladinage. n. m. Plaisanterie bouffonne et de mauvais goût. (XVIIIe s. ; Acad. 5e)
baliverner. v. intr. S’occuper de balivernes. Ne faire que baliverner. Il est familier. (XVIe s. ; Acad. 4e)
bergerette. n. f. Jeune bergère. (XIIIe s., au sens donné par Acad. 8e, enregistré dès 6e ; XVIe s., au sens de « liqueur composé de vin et de miel », enregistré par Acad. 5e.)
besaigre. adj. des deux genres. Qui devient aigre, en parlant du vin. On l’emploie comme nom masculin. Ce vin tourne au besaigre. (XVIIe s. ; Acad. 4e)
biaiseur, -euse. n. Celui, celle qui a tendance à biaiser, qui use volontiers de faux-fuyants. (XIXe s. ; peu usité selon Larousse XIXe s., mais enregistré par Acad. 8e.)
boquillon. n. m. Bûcheron. Il est vieux. (XIIIe s. ; Acad. 4e ; supplanté par bûcheron au XVIIIe s., mais encore attesté en Picardie et en Flandre ; se rencontre chez La Fontaine.)
brandiller. v. tr. Mouvoir deçà et delà. Brandiller les jambes. Brandiller les bras. (XIIIe s., intransitivement ; XVIIe s., transitivement ; Acad. 1ère)
brétailler/brétailleur. v. intr. Tirer l’épée pour la moindre bagatelle. Il est familier. / n. m. Celui qui brétaille.(XVIIIe s. ; Acad. 4e)
brocardeur, -euse. n. Celui, celle qui dit des brocards. Il est peu usité. (XVIe s. ; Acad. 4e)


C

cacade. n. f. Décharge de ventre. Il est bas et ne se dit guère qu’au figuré. Faire une cacade, Manquer par lâcheté une entreprise où l’on s’était flatté de réussir. (fin XVIe s. ; Acad. 1ère, « plus ordinairement au figuré ».)
carrelure. n. f. Semelles neuves qu’on met à de vieux souliers, à de vieilles bottes. (XVe s. ; au sens de « bon repas », chez Rabelais, La Fontaine, enregistré par Acad. 1ère : « On dit figurément d’un homme affamé qui a fait un bon repas qu’Il s’est fait une quarreleure, une bonne quarreleure de ventre. »)
chancissure. n. f. Moisissure. Ôter la chancissure d’un pâté. (XVIe s. ; Acad. 1ère)
chapechute. n. f. Bonne aubaine due à une négligence d’autrui ou à un accident. (XIIe s. ; se rencontre chez La Fontaine ; Acad. 8e seulement)
chapeler. (Je chapelle; nous chapelons.) v. tr. Tailler en enlevant le dessus. Il se dit spécialement du pain qu’on taille en rognant la croûte. (XIIe s., au sens de « frapper rudement, tailler en pièces » ; XIVe s., au sens donné dans Acad. 8e, enregistré dès 1ère; XIXe s., au sens de « taillader ».)
charmoie. n. f. Lieu planté de charmes. Il a vieilli. (XIIIe s., comme toponyme ; puis XVIIe s. ; Acad. 4e)
charnure. n. f. La chair, les parties charnues, considérées selon les différentes qualités qu’elles peuvent avoir. Il ne se dit qu’en parlant des Personnes. Charnure ferme. Charnure molle. (XIIe s. ; Acad. 1ère ; emplois littéraires au XIXe et au XXe s. ex. : Georges Duhamel.)
chipotier, -ière. n. Celui, celle qui chipote. C’est un franc chipotier. (XVIIe s., chez Furetière ; Acad. 4e)
chômable. adj. des deux genres. Qu’on doit chômer, en parlant des jours de fêtes. (XVIe s., puis Acad. 1ère.)
chouanner. v. intr. Faire la guerre à la façon des chouans. (fin XVIIIe s., sous la Révolution ; se rencontre évidemment chez Balzac, Barbey d’Aurevilly, etc. ; chouan, chouannerie dans Acad. 7e, chouanner seulement dans 8e.)
clochement. n. m. Action de boiter. (XIVe s. ; Acad. 5e)
clubiste. n. m. Celui qui fréquentait les clubs politiques. (fin XVIIIe s. ; club et clubiste seulement dans Acad. 6e.)
colluder. v. intr. T. de Procédure. S’entendre dans un procès avec sa partie adverse au préjudice d’un tiers. Il a vieilli. (XVIe s. ; Acad. 1ère ; attesté dans la plupart des dictionnaires généraux du XIXe et du XXe s.)
collusoire. adj. des deux genres. Qui se fait par collusion. (XIVe s. ; idem.)
conjouir (se) (Xe s., transitivement, au sens de « recevoir avec courtoisie », puis, fin XIIe s., intransitivement ; XVe s., emploi pronominal --> déjà vieilli au XVIIe s., mais enregistré par Acad. 1ère.)
conspirant, -ante. adj. Qui concourt à produire un même effet. Des mouvements alternativement conspirants et contraires. En termes de Mécanique, Puissances conspirantes, celles qui, agissant suivant la même direction, concourent à produire le même effet. (XVIIIe s. ; Acad. 5e)
contre-police. n. f. Police qui surveille ou déjoue une autre police. Des contre-polices. ( fin XVIIIe s., sous la Révolution ; se rencontre chez Balzac ; Acad. 8e seulement)
convertissement (XIIIe s., au sens de « action de transformer une substance en une autre » ; XVIIe s., comme terme de finance, enregistré par Acad. 1ère.)
convoiteux, -euse. adj. Qui convoite. Être convoiteux de richesses, du bien d’autrui. (XIIe s. ; Acad. 1ère ; attesté dans les dictionnaires du XIXe s., mais réputé vieilli par Richelet ; se trouve chez La Fontaine.)
couchée. n. f. Lieu où on loge la nuit en faisant voyage. Il y a tant de lieues jusqu’à la couchée. Nous nous rencontrâmes à la couchée. Il se dit aussi du Souper et du logement des voyageurs dans l’hôtellerie. Il nous en coûta tant pour notre couchée. Il a vieilli dans ces deux acceptions. (XIIIe s., au sens de « action de se coucher (en parlant du soleil) » ; XVIIe s., au sens donné par Acad. 8e, enregistré dès 1ère.)
courte-botte. n. m. Petit homme. Il est populaire. Des courtes-bottes. (XVIIIe s., dans Acad. 4e )
crapoussin, -ine. n. Celui, celle qui est de taille petite et contrefaite. Ce n’est qu’un crapoussin, une crapoussine. Il est populaire. (XVIIIe s. ; Acad. 5e)
crosseur. n. m. Celui qui crosse, qui s’amuse à crosser. (XVIIe s., au sens de « personne qui joue à la crosse, qui chasse la balle avec une crosse » , enregistré par Acad. 1ère ; XIXe s., au sens de « querelleur ».)
curation. n. f. T. de Médecine. Traitement d’une maladie, d’une plaie. (XIIIe s.; dans la langue médicale du XVIIe s. --> repris par Molière ; Acad. 4e ; peu usité selon Larousse XIXe s. ; exclu des dictionnaires généraux du milieu du XXe s.)


D

délogement. n. m. Action de déloger. Il a vieilli. (fin XIVe s., en parlant d’une troupe qui lève le camp, quitte son casernement ou son cantonnement d’étape, puis XVIe s., au sens général donné par Acad. 8e et enregistré dès Acad. 1ère, avec la mention : « Il se dit plus ordinairement à l’égard des gens de guerre. »)
démeublement. n. m. Action de démeubler ou état de ce qui est démeublé. (XVIIe s. ; Acad. 4e)
dépopulariser. v. tr. Priver de la popularité. Ils cherchaient à le dépopulariser. Il se dépopularisait de jour en jour. (XVIIIe s. ; Acad. 6e)
dramatiste. n. m. Auteur dramatique. (fin XVIIIe s., comme dramaturge ; Acad. 5e)
duriuscule (XVIIe s., dans Le Malade imaginaire de Molière : « pouls duriuscule », par opposition à capricant ; Acad. 4e)


E

ébaudissement. n. m. Action de s’ébaudir, ou État de celui qui est ébaudi. Il est vieux. (XIIIe s. ; Acad. 4e)
écraseur, -euse. n. Celui, celle qui écrase. (XVIe s., comme adjectif, en parlant du tonnerre ; début XVIIe s., comme substantif, en parlant d’un mauvais cocher ; seulement dans Acad. 8e, au sens général de « celui qui écrase ».)
éraillement. n. m. Action d’érailler ou État de ce qui est éraillé. L’éraillement des étoffes. L’éraillement de la voix, des yeux. (XVIe s., en parlant des paupières (cf. ectropion) ; XIXe s., en parlant d’une étoffe et de la voix ; l’Acad. ne connaît que le premier sens, de la 4e à la 8e, qui mentionne le second.)
ergoterie. n. f. Argument reposant sur des vétilles ou Habitude de chicaner. (XVIe s., première attestation, puis XVIIIe s., dans Trévoux --> remplacé par ergotage ; Acad. 7e : renvoi à ergotage)
escroqueur, -euse. n. Celui, celle qui escroque. (XVIe s. ; Acad. 1ère)
ésopique. adj. des deux genres. Qui se rapporte à Ésope ou aux fables qui lui sont attribuées.(XVIe s. ; Acad. 8e)
euphuisme. n. m. Affectation de beau langage, du temps de la reine Élisabeth d’Angleterre. On l’emploie encore en parlant d’un Style affecté. (XIVe s. ; Acad. 8e ; cf. marinisme, gongorisme, etc.)
exacteur. n. m. Celui qui commet une exaction, des exactions. Il est vieux. (XIVe s. ; Acad. 1ère)


F

fanfan. n. m. Terme familier dont les mères et les nourrices se servent quelquefois en parlant aux enfants. Il est vieux. (début XVIe s. ; Acad. 4e)
finet, -ette. adj. Qui a une certaine finesse d’esprit. Il est familier et peu usité. (XVe s. ; Acad. 1ère ; peu usité selon Acad. 6e.)
friponneau. n. m. Jeune fripon malicieux. (XVIIe s., dans les Contes de La Fontaine ; Acad. 4e)
futurition. n. f. T. didactique. Caractère d’une chose future, en tant que future. (début XVIIIe s., chez Fénelon, au sens donné par Acad. 8e, enregistré dès 5e ; Acad. 4e : « Ce qui doit arriver. »)


G

gaminer. v. intr. Faire le gamin. (XIXe s. ; Acad. 8e)
gasconisme. n. m. Façon de parler et d’écrire empruntée du dialecte gascon et qui constitue une incorrection en français. Il y a de nombreux gasconismes dans les « Essai » de Montaigne. (XVIe s. ; Acad. 2e)
guenuche. n. f. Petite guenou. Une jolie, une gentille guenuche. Fig. et fam., C’est une guenuche coiffée, se dit d’un Femme laide et parée de façon ridicule. (XVIIe s. ; Acad. 2e)


H

havir. (H est aspirée.) v. tr. Il se dit en parlant de la Viande, lorsqu’on la fait rôtir à un grand feu, qui la dessèche et la brûle par-dessus, sans qu’elle soit cuite en dedans. Le trop grand feu havit la viande. La viande havit à un trop grand feu, ne fait que se havir. Il est peu usité.(début XIVe s., au sens figuré de « désirer ardemment, brûler de » ; XVIe s., au sens de « brûler, dessécher, hâler » ; XVIIe s., au sens donné par Acad. 8e, et seul enregistré par 1ère.)
hebdomadier, -ière. n. Celui, celle qui est de semaine, dans une maison religieuse. (XIIIe s. ; Acad. 2e)
hommagé, -ée/ hommager. adj. T. de Jurisprudence féodale. Qui est tenu en hommage. Terre hommagée. (XVIe s. ; Acad. 4e)


I

ichor. n. m. T. de Médecine. Sanie, sang aqueux mêlé de pus âcre, qui est le produit d’une inflammation de mauvaise nature.
ichoreux, -euse. adj. T. de Médecine. Qui tient de la nature de l’ichor. Plus ichoreux.(XVIe s. ; ichoreux, -euse, Acad. 4e, et ichor, 7e )
imbrisable. adj. des deux genres. Qui ne peut pas être brisé. Fig., La résistance de cette armée était imbrisable. (XIXe s. ; Acad. 8e)
immortification/immortifié, -ée. n. f. T. d’Ascétisme. État d’une personne qui n’est pas mortifiée. (début XVIIe s., chez saint François de Sales ; Acad. 2e)
impatroniser (s’) (XVIe s., au sens de « s’emparer, se rendre maître d’une ville, d’un pays » ; XVIIIe s., au sens donné dans Acad. 8e ; les deux sens figurent dans Acad. 1ère.)
imployable. adj. des deux genres. Qui ne peut pas être ployé (XVIe s., au propre et au figuré ; seulement Acad. 8e)
incorrigibilité. n. f. Défaut de celui qui est incorrigible. Son incorrigibilité, l’incorrigibilité de son caractère ne se conçoit pas. (début XVIe s. ; au XVIIe s., chez le cardinal de Retz ; Acad. 2e)
indévot , -ote. adj. Qui n’a point de dévotion, qui ne respecte pas les pratiques religieuses. Cet homme est indévot. Femme indévote.Il se dit, par extension, du ton, des manières, etc. Parler d’un ton indévot. Discours indévot. Il est vieux.
indévotion. n. f. Manque de dévotion, manque de respect pour les pratiques religieuses. Son indévotion scandalise tout le monde. Il se pique d’indévotion. (XVe s. ; indévot, substantif, XVIIe s. ; Acad. 1ère)
indulgencier. v. tr. Attacher une indulgence et une prière à un objet de piété. Indulgencier un chapelet. (XIXe s. ; Acad. 8e)

L

larmoyeur, -euse. n. Celui, celle qui larmoie. Cet enfant est un larmoyeur. (fin XVIIe s. ; Acad. 7e)
larroneau (XVe s. ; Acad. 1ère) n. m. Petit larron, qui ne dérobe que des choses de peu de valeur. Il est familier.


M

masticatoire. n. m. T. de Médecine. Sorte de médicament simple ou composé que l’on mâche pour exciter l’excrétion de la salive. Le pyrèthre, le bétel, le tabac sont des masticatoires. User de masticatoires. Adjectivement, Substance masticatoire.
mâtineau. n. m. Petit mâtin.
mensurer. v. tr. Soumettre à la mensuration. L’individu arrêté a été mensuré à son arrivée au Dépôt.
mésoffrir. v. intr. Offrir d’une marchandise moins qu’elle ne vaut. Il est vieux.
minon. m. Nom d’amitié que les enfants donnent aux chats. Viens, minon, mon petit minon. On dit aussi Minou. Ces deux mots sont familiers.
mireur, mireuse. n. Celui ou celle qui mire. Un mireur d’œufs.
mohatra. adj. m. Il ne s’emploie que dans cette locution, Contrat mohatra, Contrat ou marché usuraire, par lequel un marchand vend très cher, à crédit, ce qu’il rachète à très vil prix, mais argent comptant. Il est vieux.
monophylle. adj. m. T. de Botanique. Il se dit d'un Calice formé d'une seule pièce. Calice monophylle, à cinq divisions.
monseigneuriser. v. tr. Honorer quelqu’un du titre de monseigneur. Je l’ai monseigneurisé. Il ne s’emploie qu’ironiquement.
morfondure. n. f. T. d’Art vétérinaire. Sorte de catarrhe nasal qui vient aux chevaux lorsqu'ils ont été saisis du froid après avoir eu chaud. Ce cheval jette des naseaux, mais ce n’est qu’une morfondure.
Morphée. n. m. T. de Mythologie. Le dieu du sommeil. Ce nom s’emploie dans quelques locutions figurées et en manière de plaisanterie : Être dans les bras de Morphée, Être endormi ; Les pavots de Morphée, Le sommeil, etc.
mouille-bouche. n. f. Espèce de poire fondante qui mûrit dans les mois de juillet et d’août.
musico. n. m. Il s’est dit, dans les Pays-Bas, d'un Lieu où le bas peuple et les matelots allaient boire, fumer, entendre de la musique, etc.
musiquette. n. f. Petite musique. Il est familier.
myria. Préfixe emprunté du grec. Dix mille. Il sert à composer un certain nombre de termes scientifiques ou techniques dont nous ne citons ci-après que les principaux.
myriagramme. n. m. Mesure de poids qui vaut dix mille grammes.
myrtiforme. adj. des deux genres. T. d’Anatomie. Qui a la forme d’une feuille de myrte. Les caroncules myrtiformes.



N

narcotine. n. f. T. de Chimie. Alcaloïde que l’on tire de l’opium.
névroptère. n. m. T. d’Histoire naturelle. Nom générique des insectes dont les ailes sont transparentes et sont traversées de veines croisées en réseau. Les mouches d’or, les demoiselles, les termites sont des névroptères. Adjectivement, Les insectes névroptères.
némésis. n. f. T. d’Antiquité. Déesse de la vengeance. Il ne figure ici qu’en raison de son emploi comme nom commun dans le sens de Colère, vengeance divine. La Némésis antique est une personnification de la loi d’équilibre dans le monde.
Neptune. n. m. Dans la Mythologie, Dieu de la mer. Il s’emploie poétiquement pour désigner la Mer. Ce vaisseau brave les fureurs de Neptune.
neptunien, ienne. adj. T. de Géologie. Il se dit de Terrains formés par dépôt au fond de l’eau.
Théorie neptunienne, Théorie d’après laquelle la terre a été primitivement couverte par les eaux.
Nestor. n. m. Il se dit, par allusion à un personnage d’Homère, d’un Vieillard respectable par son âge et par la sagesse de ses conseils. On respecte en lui le Nestor de l’assemblée.)
neutralement. adv. T. de Grammaire. Comme neutre, en manière de neutre.
neutralisant, ante. adj. T. de Chimie. Qui est propre à neutraliser. Une substance neutralisante. Substantivement, Un neutralisant.
Nicodème. n. m. Homme simple et borné. C’est un grand nicodème. Il est très familier.
nigauder. v. intr. Faire des actions de nigaud, s’amuser à des choses de rien. Il est familier.
niguedouille. n. f. Voyez nique-douille.
non avenu, ue. adj. Qui n’est pas arrivé. Cet incident fut considéré comme nul et tenu pour non avenu. Nul et non avenu. Voyez avenu.


O

octo. Mot grec et mot latin qui signifient Huit et qui, en français, employés comme préfixes, servent à former un certain nombre de mots dont nous citons les principaux.
Œdipe. n. m. Homme qui trouve facilement le mot des énigmes ou la solution de questions obscures, par allusion au personnage de l’antiquité qui résolut les énigmes posées par le sphinx. Il faudrait être un Œdipe pour deviner ce que cela veut dire. Je ne suis pas un Œdipe. On dit par dérision L’Œdipe du Café du Commerce. Il est familier.
œillère. adj. f. Qui avoisine l’œil. Il n’est guère usité que dans cette expression, Dents œillères, Dents de la mâchoire supérieure, qui sont entre les incisives et les molaires : on les nomme plus exactement Dents canines. Substantivement, On lui a arraché une œillère.
oignonière. n. f. Terre semée d’oignons.
olinde. n. f. Sorte de lame d’épée, fabriquée autrefois au Brésil dans la ville d’Olinda.
onéraire. adj. des deux genres. T. de Jurisprudence. Qui exerce réellement une charge dont un autre a le titre. Il est opposé à Honoraire et ne s’emploie guère que dans ces qualifications, Tuteur onéraire, Syndic onéraire. Il vieillit.
ophite. n. m. Sorte de porphyre ainsi nommé parce qu’il rappelle, par son fond vert tacheté de blanc, la peau bigarrée des serpents. Par apposition, Marbre ophite.
opulemment. adv. Avec opulence. Vivre opulemment. Il est un peu usité.
Orion. n. m. T. d’Astronomie. Nom d’une constellation de l’hémisphère méridional. Le lever d’Orion.
ormin. n. m. T. de Botanique. Plante du genre des Sauges.
orphéoniste. n. des deux genres. Membre d’une société de chant choral.
ostéo. Particule formée du grec, qui signifie Os et qui entre comme préfixe dans la composition de nombreux mots médicaux, dont nous ne donnons ci-dessous que les plus usités.
ostéocope. adj. des deux genres. T. de Médecine. Il se dit de Douleurs osseuses profondes, aiguës.
ostéogénie. n. f. T. didactique. Science de la formation et du développement des os. L’ostéogénie est une branche de la physiologie et de l’anatomie comparée.
ostéographie. n. f. T. didactique. Étude, description des os.
ostéolithe. n. m. T. d’Histoire naturelle. Os pétrifié.
oxygone. adj. des deux genres. T. de Géométrie. Il n’est guère usité que dans cette expression, Triangle oxygone, Triangle dont tous les angles sont aigus. On dit aussi et plus souvent dans le même sens Triangle acutangle.


P

pairement. adv. T. d’Arithmétique. Il n’est guère usité que dans cette locution : Nombre pairement pair, Nombre pair, dont la moitié est aussi un nombre pair, ou, ce qui revient au même, Nombre divisible par quatre. Huit, douze sont des nombres pairement pairs.
palmite. n. m. Nom donné à la moelle des palmiers, qui est une substance blanche comme du lait caillé, fort tendre et d’une saveur douce et agréable.
papalin, ine. adj. Qui se rapporte au pape. Troupes papalines. Substantivement, Les papalins, Les partisans du pape. Il se dit généralement en mauvaise part.
paraboliquement. adv. En décrivant une parabole. Un corps qui se meut paraboliquement.
paraphraste. n. m. Auteur de paraphrases. Les paraphrastes chaldaïques.
patelineur, euse. n. Celui, celle qui tâche de faire venir les autres à ses fins par des manières patelines.
patentable. adj. des deux genres. Qui est sujet à patente.
patronnet. n. m. Garçon pâtissier.
pantière. n. f. T. de Chasse. Sorte de filet qu’on tend verticalement pour prendre certains oiseaux. Les braconniers se servent de la pantière pour prendre les compagnies de perdrix pendant la nuit.
perchlorure. n. m. T. de Chimie. Composé qui contient la plus grande quantité de chlore qu’il peut renfermer à l’état de combinaison. Le perchlorure de fer.
péricrâne. n. m. T. d’Anatomie. Périoste externe du crâne.
péripatétisme. n. m. Philosophie péripatéticienne.
péristole. n. f. T. de Physiologie. Le mouvement péristaltique.
péristystole. n. f. T. de Physiologie. Intervalle de temps qui est entre la systole et la diastole, entre la contraction et la dilatation du cœur et des artères. La périsystole est insensible dans l’état naturel et ne s’aperçoit que chez les moribonds. Il est peu usité.
persévéramment. adv. Avec persévérance. S’occuper persévéramment de son salut, de la recherche de la vérité.
pétrosilex. (L’S se prononce comme un C.) n. m. T. de Minéralogie. Pierre siliceuse de la nature du feldspath.
phalangite. n. m. T. d’Antiquité. Soldat de la phalange. Il est peu usité.
phéniqué, ée. adj. T. de Chimie. Qui contient du phénol. Eau phéniquée. Gaze phéniquée.
philatélisme. n. m. Goût de collectionner les timbres-poste.
philotechnique. adj. des deux genres. Qui a pour objet l’amour, la culture des lettres et des arts. Société philotechnique.
phlegmoneux, euse. adj. T. de Médecine. Qui est de la nature du phlegmon. Inflammation phlegmoneuse. Érésipèle phlegmoneux.
phrénologique. adj. des deux genres. Qui appartient à la phrénologie. Le système phrénologique.
picoreur. n. m. Celui qui picore.
pigne. n. f. T. de Métallurgie. La masse d’or ou d’argent qui reste après l’évaporation du mercure qu’on avait amalgamé avec le minerai, pour en dégager le métal qu’il contenait.
pignochage. n. m. Manière de peindre de celui qui pignoche.
pinchina. n. m. Étoffe de laine, sorte de gros drap. Un habit de pinchina.
pionner. v. intr. T. des Échecs et du jeu de Dames. Il se dit d’un Joueur qui s’attache à prendre beaucoup de pions, qui se trouve obligé de prendre trop souvent des pions.
pissement. n. m. Il n’est guère usité qu’en Médecine et dans les expressions suivantes : Pissement involontaire, Écoulement d’urine qui n’est sollicité par aucune sensation irritante; Pissement de sang, de pus, Évacuation de sang, de pus par le canal de l’urètre.
pleige. n. m. T. d’ancienne Jurisprudence. Celui qui sert de caution. Il s’est offert pour pleige et caution dans cette affaire.
pleuropneumonie. n. f. T. de Médecine. Maladie dans laquelle la plèvre et les poumons sont simultanément enflammés.
plicatile. adj. des deux genres. T. de Botanique. Qui se plisse. La corolle du liseron est plicatile.
pneumonique. adj. des deux genres. T. de Médecine. Qui est relatif aux maladies du poumon, à la pneumonie. Des remèdes pneumoniques.
pnyx. n. m. T. d’Antiquité. Place publique d’Athènes, où se tenait ordinairement l’assemblée générale du peuple. La colline du pnyx d’Athènes. La tribune du pnyx.
poché. n. m. Sorte d’encre de Chine. Poché pur. Poché clair.
poétereau. n. m. Poète médiocre, mauvais poète. Ce n’est qu’un poétereau. Il est familier.
polymathie. n. f. Instruction multiple, variée, étendue.
polymathique. adj. des deux genres. Qui a rapport à la polymathie. École polymathique, École où l’on enseigne beaucoup de sciences.
polypeux, euse. adj. T. de Médecine. Qui a rapport au polype, qui est de la nature lu polype. Tumeur polypeuse.
populéum. (UM se prononce OME) n. m. T. de Pharmacie. Pommade calmante, dans la composition de laquelle entrent des germes de peuplier noir et d’autres substances. Par apposition, Onguent populéum.
porte-hache. n. m. Étui d’une hache de sapeur. Des porte-hache.
porte-vis. n. m. T. d’Arquebusier. Pièce de métal sur laquelle porte la tête des vis qui servent à fixer la platine d’un fusil, d’un pistolet, etc. On dit aussi Contre-platine.
prétermission. n. f. Synonyme, moins usité, de prétérition.
processionnellement. adv. En procession. Toutes les paroisses allèrent processionnellement à Notre-Dame
protocarbure. n. m. T. de Chimie. Premier degré de combinaison d’un corps simple avec le carbone.
protochlorure. n. m. T. de Chimie. Premier degré de combinaison d’un corps simple avec le chlore.
psora ou psore. n. f. T. de Médecine emprunté du grec. Nom de différentes maladies de la peau, caractérisées par des vésicules et des pustules.
Il se dit aussi quelquefois de la Gale.
psorique. adj. des deux genres. T. de Médecine. Qui est de la nature des maladies pustuleuses et particulièrement de la gale. Virus psorique.
Il se dit aussi des Remèdes qu’on emploie contre la gale. Remèdes psoriques.
ptomaine. n. f. T. de Chimie organique. Alcaloïde provenant de la décomposition des matières animales.
pucelle. n. f. Poisson qui ressemble à l’alose, mais qui est moins estimé.
puine. n. m. T. d’Eaux et Forêts. Il se dit des Arbrisseaux qui sont censés mort-bois. Voyez mort-bois.


Q

quadratrice. n. f. T. de Géométrie. Courbe inventée chez les anciens Grecs pour parvenir à la quadrature approchée du cercle. La quadratrice de Dinostrate.
quadrinôme. n. m. T. d’Algèbre. Expression algébrique composée de quatre termes.

lundi 13 novembre 2017

Réussir sa vie - Ralph Waldo Emerson



« Rire souvent et sans restriction ;

S’attirer le respect des gens intelligents et l’affection des enfants ;

Tirer profit des critiques de bonne foi et supporter les trahisons des amis supposés ;

Apprécier la beauté ;

Voir chez les autres ce qu’ils ont de meilleur ;

Laisser derrière soi quelque chose de bon, un enfant en bonne santé, un coin de jardin ou une société en progrès ;

Savoir qu’un être au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde ;

Voilà ce que j’appelle réussir sa vie. »


Ralph Waldo Emerson (1803-1882) essayiste, poète et philosophe américain.

dimanche 12 novembre 2017

Croyez en l'extase - Julos Beaucarne


Croyez en l'extase des nuages
qui traversent les grands horizons,
au petit vent du soir,
au coeur de l'été chaud.
Croyez en la douceur
d'une amitié,
d'un amour,
à la main qui serre votre main.

Car demain,
mais n'y pensez pas,
demain éclateront peut-être les nuages
et l'orage emportera vos amours.

Tenez-vous serrés,
ne vous endormez pas sur un reproche non formulé,
endormez-vous réconciliés.
Vivez le peu que vous vivez dans la clarté.

Julos Beaucarne